Bilan de saison estivale 2016



Je me suis souvent posée la question s’il était judicieux, “vendeur”, intelligent de partager avec vous mes impressions et bilans de saison de ma petite affaire. En fait, ça y est, je suis en paix avec ladite interrogation et la réponse est “c’est important pour moi de partager avec vous mon aventure entrepreneuriale qui plus est, peut aussi vous intéresser”.

On est des humains, bordel.

Un seul mot me vient donc à l’esprit pour qualifier cette saison estivale 2016 : Yoyo.

Pour mieux comprendre, voici un récapitulatif de mon planning de saison :

  1. Boutique éphémère à Aigues Mortes en avril.
  2. Puis en juin et juillet
  3. Boutique éphémère à Avignon en juillet.

En parallèle de ces événements, comptez quelques dépôts en magasins, marchés de créateurs et quelques livraisons de dessins pour Fleurus Presse.

En avril sur Aigues Mortes, pendant 15 jours avec le collectif Ephemeroptera, j’ai tout simplement cartonné. Juin et juillet, toujours à Aigues Mortes mais dans une autre boutique située dans la même rue que la première, j’ai tout simplement coulé…

Pourquoi ?

Question de clientèle et de passage. La 1ere boutique était juste à la limite de la fin du passage des promeneurs et flâneurs et on pouvait mettre dehors nos jolies créations sans avoir à payer un droit de trottoir. Petite boutique de 20m², chaleureuse, confinée et surtout inattendue à cet endroit. L’effet de surprise y a été pour beaucoup pour les aigues mortais et on a bénéficié des vacances de Pâques où les touristes sont pour la plupart “des enfants du pays qui viennent dans leur maison secondaire”. Je tourne donc autour du pot pour vous dire que l’on a bénéficié d’une clientèle aisée.

1ere-boutique-aigues-mortes

Première boutique au 19 rue Emile Jamais à Aigues Mortes

Dans notre élan, on s’emballe (enfin, surtout moi) pour faire la saison à Aigues Mortes. On change de boutique (plus grande), on découvre des frais d’installation auxquels on a eu la chance d’échapper dans la 1ère, on remanie le collectif avec de nouveaux créateurs et on y croit.

La chute fût donc rude.

Juin : les mouvements sociaux de mai (stations essence fermées, grèves…) font que Aigues Mortes est désertée en juin. Les étrangers ne sont pas là. Notre magasin est plus éloigné dans la rue que la première boutique et on ne peut pas s’étaler dehors…On manque de visibilité, de passage, de touristes et l’effet de surprise n’y est plus. Je déglutie.

Juillet : Les touristes sont là mais si peu. Les vacanciers nous disent clairement qu’entre le transport, le logement et la bouffe, la place qu’il reste pour des achats “non essentiels” frôle le nul. On le ressent : notre boutique devient plus une expo de créateurs qu’une boutique. Les gens se baladent. En même temps ils ont plus de place pour le faire que dans la première boutique : 40 m² sont à leur disposition. Même des poussettes pour jumeaux peuvent y circuler ! ;) On ferme la boutique le 31 juillet*.

Sans regret après réflexion. Le CA des commerçants tous commerces confondus a chuté cette saison de manière incroyable : -40% par rapport à 2015 selon les commerçants rencontrés (voir interviewés vu ma soif de comprendre). On peut se battre donc jusqu’à un certain point…

Deuxième boutique 23 rue Emile jamais à Aigues Mortes

Deuxième boutique au 23 rue Emile Jamais à Aigues Mortes

Avignon !

En parallèle, on ouvre, avec un autre collectif – Les Succulentes – une boutique éphémère pendant le Festival d’Avignon. Pour ma part, l’honneur est sauf mais pas assez pour réinvestir dans de nouveaux produits et préparer Noel sereinement.

Boutique à Avignon chez Thierry de A Nos Amours Design Végétal

Boutique à Avignon chez Thierry de A Nos Amours Design Végétal

Bilan

La saison fût pleine de promesses, d’enthousiasme, d’heures de travail, d’investissement personnel et matériel. Moult énergies déployées pour un retour financier faible. Mon modèle économique a encore montré ses limites. Toujours ce problème de coût de production qui fait que je ne peux que financer la production mais pas encore ma vie personnelle. Ou le contraire dailleurs. Je suis loin d’être autonome. J’ai donc joué au yoyo tout l’été : j’ai flirté avec le meilleur comme avec le pire.

L’avenir ?

Bon, déjà, bonne nouvelle, il y en a un ;)

  • Après avoir testé les marchés de créateurs qui ne sont devenus que de la déco de villes ou villages (hormis quelques événements bien ciblés me concernant)
  • Après avoir participé à des salons de créateurs bien trop chers pour pouvoir en sortir un bénéfice (hormis l’avantage de développer sa communication, on ne fait que “rentrer dans ses frais” – Faut-il en avoir les moyens)
  • Apres avoir organisé des boutiques éphémères qui coûtent, tout compte fait, plus chères à mettre en place (en terme de temps, de présence et de communication en l’occurrence) que faire des dépôts vente qui (ne) vous prennent (que) 30 à 40%

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Je décide donc :

  • De développer la vente en ligne (commencé depuis août – je me régale et vous répondez présents (merci !!))
  • Développer mon service d’illustration (gros boulot de commercial en perspective qui traîne, qui traîne tant je ne sais pas comment m’y prendre)
  • Développer les dépôts vente (ça je sais comment faire)
  • et, cerise sur le gâteau : ne plus piocher dans les caisses de Fleur de Mamoot Design pour croûter. Laisser les gains des ventes à la production et au développement de ma petite affaire. Donc retravailler en tant que salariée pour assurer mon quotidien. Ouais, je sais. C’est ma petite claque que je me suis mise au cul. Et sur les joues aussi. Le cœur aussi, tiens.

Conclusion

Nouveau tournant donc et pas des moindres. Un an et demi s’est écoulé depuis que je ne travaille que pour FDM. Je peux vous dire que la décision de repartir sur les routes des emplois alimentaires ne me réjouit pas. Mais dans réjouit y’a jouit. Et raie.

Alors…Qui sait ? Je me souhaite d’arriver à tout gérer :

  • Fleur de Mamoot
  • Un boulot alimentaire
  • Un ado
  • Un amant
  • Reprendre la gym
  • et m’acheter une selle de vélo pour les vrais culs

affiche petit dessin humour boulot

Ma fin d’année

Malgré les apparences, il y a de très beaux projets pour cette fin d’année pour Fleur de Mamoot : de nouveaux dessins pour Fleurus Presse, un marché de créateurs organisé par ma couveuse d’entreprise, une boutique éphémère avec Les Succulentes à Nîmes ou ailleurs (pour ma part en tant que déposante) et une exposition dans un show room en suisse de tous mes objets pour novembre !

Que demander de plus ?

Encore de l’amour pardi !!

*Par rapport aux autres créateurs faisant partie de l’aventure aigues mortaise, je n’engage que mon point de vue et ce n’est que mon bilan. Pas celui des autres créateurs. 



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6 commentaires sur “Bilan de saison estivale 2016

  • Vioutu

    Bonjour Emmanuelle
    Je partage comme toi une saison difficile pour mon commerce non alimentaire. Et le bilan négatif me fait prendre la même décision de trouver un boulot alimentaire pour vivre dignement

    Du courage et comme on dit la roue de l’histoire tourne
    Vioutou de La Maison Rafacia

  • haud

    Alors par exemple moi qui t’ai découverte à Uzes en 2015, je suis passée à Aigues mortes début Juillet mais pas percuté que tu y étais! Déçue je suis. Ensuite, effectivement, les boutiques temporaires engendrent des frais. Alors ou on fait plutot du commercial à touriste ou… ben on garde son identité visuelle et on rame. Bonne creation pour la fin d’année! Les expériences enrichissent aussi. Et j’aime bien l’illu de la p’tite bite ;)

    • Fleurdemamoot Auteur de l’article

      J’ai pensé a developper des produits aux visuels plus commerciaux…peut etre un jour je le ferais. Je suis encore “trop” dans une demarche artistique. A tord peut etre ;-)